Travailler à distance depuis le Vietnam : visa, permis de travail et création d'entreprise, comment être en règle ?

Publié le 29 oct. 2026

Avec son coût de la vie attractif, ses espaces de coworking et son écosystème entrepreneurial dynamique, le Vietnam séduit de plus en plus de freelances, de consultants et de salariés travaillant à distance. Mais peut-on réellement exercer une activité professionnelle depuis le pays avec un simple visa touristique ? Entre création d’entreprise, permis de travail, carte de résidence temporaire et ouverture d’un compte bancaire, plusieurs démarches sont à anticiper pour s’installer durablement et exercer son activité en toute légalité.

Hô Chi Minh-Ville, Hanoï, Da Nang ou encore Hoi An attirent des profils internationaux souhaitant concilier activité professionnelle et qualité de vie. Développeurs, consultants, entrepreneurs du numérique ou prestataires indépendants peuvent aujourd’hui travailler pour des clients situés à l’autre bout du monde.

Toutefois, contrairement à certains pays d’Asie du Sud-Est, le Vietnam ne dispose pas d’un visa spécifique destiné aux nomades numériques.

Cette absence de statut particulier soulève plusieurs questions : quel visa utiliser pour travailler à distance ? Faut-il obligatoirement créer une entreprise ? Comment obtenir un permis de travail ou une carte de résidence temporaire ? Et quelles sont les conditions pour ouvrir un compte bancaire local ?

Les réponses dépendent principalement de la nature de l’activité exercée, de la durée du séjour et du statut juridique choisi.

Peut-on travailler à distance avec un visa touristique au Vietnam ?

Les ressortissants français bénéficient d’une exemption de visa pour les séjours touristiques allant jusqu’à 45 jours, tandis que le visa électronique (e-visa) permet un séjour pouvant atteindre 90 jours.

Ces dispositifs facilitent les séjours de courte durée, mais ils ne constituent pas des autorisations de travail.

La distinction est importante : être autorisé à séjourner au Vietnam ne signifie pas automatiquement être autorisé à y exercer une activité professionnelle.

Pour un salarié travaillant exclusivement pour une entreprise étrangère, sans clientèle ni employeur vietnamien, la situation doit être examinée au cas par cas. Le droit vietnamien ne prévoit pas de statut général de nomade numérique permettant de travailler à distance sur la seule base d’un visa touristique.

Un séjour ponctuel pendant lequel une personne répond à quelques courriels professionnels ne présente pas nécessairement les mêmes enjeux qu’une installation de plusieurs mois consacrée à une activité rémunérée à temps plein.

En revanche, un étranger qui exerce effectivement une activité professionnelle au Vietnam doit vérifier si celle-ci nécessite un permis de travail ou relève d’une exemption prévue par la réglementation.

Pour les personnes souhaitant s’installer durablement, le choix d’un statut adapté constitue donc une étape essentielle.

Créer une entreprise au Vietnam pour exercer légalement son activité

Pour les consultants indépendants, entrepreneurs du numérique ou freelances disposant d’une clientèle internationale, la création d’une société vietnamienne peut constituer une solution pour structurer leur activité.

Le pays autorise la détention à 100 % de certaines entreprises par des investisseurs étrangers, notamment dans plusieurs activités de services.

Une société à responsabilité limitée (Limited Liability Company, ou LLC) peut ainsi être envisagée pour exercer des activités de conseil, de développement informatique ou de prestations commerciales, sous réserve des conditions d’accès au marché.

Cette solution permet notamment de disposer d’une entité juridique locale, de facturer des clients et de gérer les obligations comptables et fiscales associées à l’activité.

Toutefois, créer une société implique davantage que l’obtention d’un simple certificat d’enregistrement.

L’entrepreneur doit notamment déterminer les activités autorisées, préparer les documents nécessaires, définir un capital adapté au projet et respecter les obligations administratives applicables.

Contrairement à une idée répandue, il n’existe pas de capital minimum universel applicable à toutes les activités. Le montant requis dépend notamment du secteur, du modèle économique et des exigences réglementaires.

La création d’entreprise peut donc offrir un cadre adapté à une installation durable, mais elle ne garantit pas automatiquement l’obtention d’un visa, d’un permis de travail ou d’une carte de résidence.

Permis de travail : est-il obligatoire pour un entrepreneur étranger ?

Le permis de travail, appelé work permit, constitue l’un des principaux documents permettant à un ressortissant étranger d’exercer une activité professionnelle au Vietnam.

Il concerne notamment les salariés étrangers employés par une entreprise vietnamienne, sous réserve des exemptions prévues par la réglementation.

Pour les entrepreneurs, la situation dépend de leur rôle dans la société et de leur niveau d’investissement.

Certains propriétaires ou associés de sociétés à responsabilité limitée peuvent bénéficier d’une exemption de permis de travail lorsqu’ils remplissent les conditions légales, notamment celles relatives au capital investi.

Le seuil de 3 milliards de dôngs vietnamiens constitue un critère important pour certaines catégories d’investisseurs.

Cependant, détenir des parts dans une société ne suffit pas systématiquement à être exempté.

Les fonctions réellement exercées, la structure juridique et les justificatifs présentés doivent également être pris en compte.

Pour les entrepreneurs dont l’investissement ne permet pas de bénéficier d’une exemption, une demande de permis de travail peut être nécessaire.

Il est donc recommandé de vérifier la situation avant de commencer l’activité, plutôt que de considérer que l’enregistrement de la société autorise automatiquement son dirigeant à travailler.

Visa investisseur et carte de résidence temporaire : quelles différences ?

Lorsqu’un entrepreneur étranger crée ou investit dans une société vietnamienne, il peut, selon sa situation, être éligible à un visa investisseur.

Ces visas appartiennent aux catégories DT, dont les conditions et les durées varient selon le montant de l’investissement.

Les catégories DT1, DT2, DT3 et DT4 correspondent à différents profils d’investisseurs.

La catégorie DT4 concerne notamment certains investissements inférieurs à 3 milliards de dôngs. Elle ne donne pas accès, à elle seule, à une carte de résidence temporaire d’investisseur.

Pour les catégories éligibles, la carte de résidence temporaire, ou Temporary Residence Card (TRC), permet de résider au Vietnam pendant une durée plus longue sans devoir renouveler fréquemment un visa de court séjour.

La durée maximale dépend du statut. Elle peut notamment atteindre trois ans pour une carte DT3, cinq ans pour une carte DT2 et dix ans pour une carte DT1, sous réserve des conditions légales.

Une TRC peut également être délivrée dans d’autres situations, notamment à certains titulaires de permis de travail ou à des membres de leur famille.

Il est essentiel de distinguer les documents : le visa autorise le séjour, le permis de travail encadre l’exercice d’une activité professionnelle et la TRC constitue un titre de résidence temporaire.

Ces trois éléments ne sont pas interchangeables.

Ouvrir un compte bancaire au Vietnam : une étape essentielle

L’ouverture d’un compte bancaire constitue une étape importante pour les étrangers souhaitant s’installer et exercer une activité professionnelle au Vietnam.

Il faut toutefois distinguer deux situations : le compte bancaire personnel et le compte bancaire professionnel.

Le compte personnel permet de gérer les dépenses quotidiennes, de recevoir des revenus autorisés et d’effectuer des paiements locaux.

Les banques demandent généralement un passeport, des justificatifs de séjour et des informations relatives à la situation du demandeur. Les exigences peuvent varier selon l’établissement et la durée du séjour autorisé.

Pour un entrepreneur, l’ouverture d’un compte bancaire professionnel répond à des obligations différentes.

Une société vietnamienne doit disposer d’une structure bancaire adaptée pour recevoir les paiements de ses clients, régler ses fournisseurs, verser les salaires et assurer sa comptabilité.

Les entreprises à capitaux étrangers peuvent également être tenues d’utiliser un compte de capital d’investissement direct, appelé Direct Investment Capital Account (DICA), pour certaines opérations liées à leur investissement.

Ce compte est distinct du compte utilisé pour les opérations commerciales courantes.

Les démarches nécessitent généralement les documents d’enregistrement de l’entreprise, les informations relatives aux actionnaires, les pièces d’identité des représentants autorisés et les justificatifs demandés par la banque.

Il est important de ne pas utiliser un compte bancaire personnel comme substitut au compte de l’entreprise. La séparation des opérations personnelles et professionnelles facilite la comptabilité et le respect des obligations fiscales.

Fiscalité : travailler pour des clients étrangers ne signifie pas être exonéré d’impôts

La fiscalité constitue un autre élément souvent sous-estimé par les travailleurs à distance.

Un freelance installé au Vietnam peut continuer à facturer des clients français, européens ou américains. Toutefois, le fait de percevoir ses revenus depuis l’étranger ne signifie pas automatiquement qu’ils échappent à l’impôt vietnamien.

Le statut de résident fiscal dépend notamment de la durée de présence dans le pays et des conditions de résidence.

Le seuil de 183 jours, apprécié sur une année civile ou sur une période de douze mois consécutifs selon les circonstances, constitue un critère important. La présence d’un lieu de résidence habituel peut également entrer en compte.

Les personnes considérées comme résidentes fiscales vietnamiennes peuvent être imposables sur leurs revenus mondiaux, sous réserve des conventions fiscales applicables.

Pour un entrepreneur disposant d’une société locale, il faut également prendre en compte la fiscalité des entreprises, les obligations comptables et les éventuelles taxes applicables aux prestations facturées à l’étranger.

Les conventions de non-double imposition peuvent permettre d’éviter qu’un même revenu soit imposé deux fois, mais leur application dépend de la situation personnelle et professionnelle.

Avant de transférer durablement son activité au Vietnam, il est donc recommandé de faire examiner sa situation fiscale dans les pays concernés.

Salarié étranger, freelance ou entrepreneur : quel statut choisir ?

Il n’existe pas de solution unique pour tous les travailleurs à distance.

Un salarié français souhaitant travailler depuis le Vietnam pour son employeur doit notamment vérifier les conséquences de cette installation sur son contrat de travail, son statut migratoire, sa protection sociale et la situation fiscale de son entreprise.

Un freelance qui facture plusieurs clients internationaux peut envisager différentes formes d’organisation. La création d’une société vietnamienne représente une possibilité, mais elle implique des coûts administratifs et des obligations comptables qui doivent être justifiés par le volume d’activité.

Un entrepreneur souhaitant développer une activité locale peut, quant à lui, avoir davantage intérêt à constituer une société vietnamienne afin de recruter, signer des contrats et facturer des clients sur place.

Enfin, certaines entreprises internationales peuvent recourir à des dispositifs d’emploi local ou de portage salarial pour leurs collaborateurs, sous réserve du respect des règles vietnamiennes.

Dans tous les cas, le choix doit tenir compte de la nature réelle de l’activité. Créer une société uniquement pour obtenir un titre de séjour, sans activité économique effective, ne constitue pas une solution sans risque.

Travailler au Vietnam en toute légalité : les démarches à anticiper

Pour une installation durable, plusieurs éléments doivent être examinés avant le départ.

Le premier consiste à déterminer le statut d’immigration adapté à la durée et à l’objet du séjour.

Il faut ensuite vérifier si l’activité exercée nécessite un permis de travail, bénéficie d’une exemption ou relève d’un régime particulier.

Pour les entrepreneurs, la création de société doit être préparée en tenant compte des activités autorisées, du capital, des obligations fiscales et des besoins bancaires.

Enfin, la question de la résidence fiscale doit être étudiée suffisamment tôt, particulièrement lorsque les revenus proviennent de plusieurs pays.

Ces démarches sont étroitement liées : une société correctement enregistrée ne dispense pas nécessairement son dirigeant de formalités d’immigration, tandis qu’une carte de résidence ne règle pas automatiquement les obligations fiscales.

Le Vietnam, une destination attractive pour les entrepreneurs à distance

Le Vietnam conserve de nombreux avantages pour les professionnels souhaitant développer une activité internationale depuis l’Asie.

Ses grandes villes disposent d’infrastructures numériques développées, d’espaces de coworking, de réseaux d’entrepreneurs et d’un environnement économique dynamique.

Le pays offre également des possibilités de développement commercial pour les entreprises qui souhaitent accéder aux marchés d’Asie du Sud-Est.

Mais contrairement à certaines destinations proposant des visas spécifiques aux nomades numériques, le Vietnam nécessite une préparation juridique et administrative plus approfondie pour les installations professionnelles de longue durée.

La création d’une entreprise peut constituer une solution pertinente pour les entrepreneurs disposant d’une activité réelle et souhaitant développer leurs opérations localement.

Elle ne doit cependant pas être considérée comme une simple formalité permettant d’obtenir automatiquement un droit de résidence.

Pour travailler durablement depuis le Vietnam, la priorité reste de choisir un statut cohérent avec son activité, de respecter les règles d’immigration et de structurer correctement ses obligations bancaires et fiscales.

Les informations présentées correspondent au cadre général applicable en octobre 2026. Les conditions de visa, de permis de travail, de résidence et de création d’entreprise peuvent évoluer et nécessitent une vérification auprès des autorités compétentes.

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